Accueil


 

Jonathan : « Ma Mini Transat »

Jonathan CHODKIEWIEZ © Christophe Breschi / Mini Transat La Boulangère

 

Ça y est nous y sommes. La Martinique. Deux ans de projet, deux ans d’investissements, deux ans de galères, de rires, de travail, de stress, de bonheur intense… et de mer.

Allez, je vous raconte.

L’étape 2, la traversée, la vraie, j’y étais préparé. J’étais sur-motivé, je n’avais aucune appréhension. Le skipper et le bateau étaient en parfaite symbiose après la première étape.

JOUR 1
Le départ est donné de Las Palmas le 1er novembre, je sors de la marina surexcité, j’ai tellement hâte. Du coup, je prends le départ parmi les premiers bateaux, avec un objectif simple : faire de mon mieux, cravacher autant que je peux, ne rien casser et terminer.
Je suis dans le groupe de tête en début de première nuit, c’est génial. Le vent forcit un peu dès que l’on se retrouve loin des îles, direction la côte africaine. Déjà, de nombreux Protos me rattrapent. Je reste à la barre toute la nuit sous grand spi, je ne lâche rien. Au lever du jour, les premiers m’ont déjà mis 20 milles, mais ce n’est pas grave, je m’en doutais ..

JOUR 2
Et là, les ennuis commencent !
À 11H, alors que je faisais route vers la côte pour aller chercher une bascule de vent ultra prometteuse, un câblier m’appelle et me déroute de près de 7 milles, sois 2h30 de navigation dans le mauvais sens. Je suis dégoûté, je ne peux plus retourner à la côte chercher l’option payante. La nuit passe et le lendemain, les copains ont plus de 60 milles  d’avance. Coup dur. Mais ce n’est pas grave, je ne lâche rien, on continue…

JOUR3 & 4
Le soir même, un filet de pêcheur a la bonne idée de s’enrouler autour de ma quille. Il fait nuit, je ne peux pas plonger, je dois attendre le lendemain matin. Je ralentis et au lever du jour, je ne vois plus le filet… Je pense qu’il est parti tout seul, mais l’après-midi, je me rends compte qu’il est encore là ! Après deux heures de multiples manœuvres, il s’en va… La nuit tombe, je sais que j’ai encore accumulé du retard, je cravache, la fatigue commence à se faire sentir… Vers minuit, le bateau ralentit, j’ai un deuxième bout dans la quille. Le sort s’acharne, je suis vert, je hurle, je pleure… J’arrive à m’en dépêtrer mais le moral en a pris un coup.

JOUR 5
La nuit suivante, après un empannage, je vois l’eau à côté du bateau se vider… Je réalise en une fraction de seconde que c’est une baleine qui dormait. Je suis passé à 1,50 mètre d’elle. Surprise, elle a sondé (plongé), ou essayé. J’ai peur pour mon safran, mais ça passe, je ne sais pas comment. Elle souffle pour sonder à nouveau, son souffle monte jusqu’au deuxième étage de barres de flèche et arrose ma GV. Des gouttes retombent sur moi, ça pue… C’était juste avant d’aller dormir, je descends dans le bateau qui part en surf dans la grosse houle, à chaque vague, je prie pour qu’il n y ait pas sa petite  sœur devant….
Puis nous voilà au Cap-Vert. J’ai bien remonté ceux de devant, le passage est juste magique au lever du jour : le vent et la mer montent entre les deux îles, jusqu’à 35 noeuds, les voiles en ciseaux. Après les îles, il y a un dévent dû à la hauteur des montagnes. Je m’en éloigne de 60 kilomètres. Ce moment restera gravé à vie.
Hinano / Tasty Granny et moi, on met le clignotant à droite, direction la Martinique… Le vent se stabilise, l’eau devient d’un bleu profond. On attaque la Transat, la vraie. J’éprouve un immense sentiment de bonheur. Inexplicable.

JOUR 6 à 8
J’entame un long bord qui me fait remonter vers le Nord, les grains se succèdent, la navigation est éprouvante car je ne peux porter mon grand spi et je ne vais pas assez vite avec l’intermédiaire. C’est dur pour le moral, les temps de repos sont très courts entre chaque grain, où le vent monte et m’oblige à manœuvrer. Au bout de trois, quatre jours, je décide de redescendre un peu vers le Sud pour essayer d’attraper un alizé plus stable car je fatigue et le bateau n’avance pas plus vite dans ce type de condition. Le moral commence à être bien bas car je ne peux rien faire et les autres augmentent leur avance…
Dans la nuit, après un gros vrac, je m’aperçois que mon casque de safran commence à s’arracher. J’arrive à stopper l’hémorragie, mais je vais devoir naviguer jusqu’à la fin avec un stress permanent de perdre un de mes safrans.

JOUR 9
Plus tard, je me retrouve devant un énorme nuage qui me barre la route. Je ne comprends pas trop ce qu’il se passe, mais je sais qu’il ne faut pas que je le traverse. Je suis très proche du système, il fait nuit et c’est assez bizarre : les grains accélèrent très rapidement et viennent mourir dans cette grosse masse, sauf que je suis pile entre les deux et que je me prends des rafales à plus de 35 noeuds sous la pluie. Puis plus de vent… Je vais mettre trois heures à m’extirper de là, en remontant plein Nord. Donc vraiment à l’envers de la route. Le soleil se lève et laisse avec lui un paysage des plus spectaculaires, je suis vraiment heureux de voir ça, mais comme je dois contourner ce système, je navigue clairement sur un bord à l’envers qui me fait perdre du terrain. Vers 11h , j’arrive à empanner et à passer derrière. La journée est dure, car j’ai encore beaucoup de grains et je suis exténué. Je commence à avoir des hallucinations régulières… Mais au coucher du soleil, je suis définitivement sorti de la dépression orageuse. Je tombe de sommeil. La nuit à venir va se dérouler sans trop de vent car la dep’ a aspiré tout l’alizé. Je perds encore un peu de terrain…

JOUR 10 à 12
Les trois jours qui suivent sont, je pense, les plus durs… J’ai simplement navigué, j’étais triste d’avoir perdu autant de terrain, d’avoir essayé de faire avancer mon bateau au mieux sans résultat, de naviguer avec toujours la peur de perdre mon safran… Ces trois jours ont été extrêmement durs et longs…
Et puis le soir du troisième de ces trois jours, un magnifique coucher de soleil et un bon repas me permettent de reprendre le dessus. Il me reste 600 Milles à parcourir, et je me dis qu’il est trop bête de gâcher mes quatre derniers jours de mer après tout ce que moi et le bateau avons vécu. J’arrive enfin à dormir après trois jours sans réussir à me reposer correctement.

JOUR 13 à 16
Le lendemain, tout va mieux. Je mets de côté le résultat sportif, mes soucis techniques et je profite. Je profite du bateau, de la mer, de la houle… Ces quatre derniers jours vont être géniaux : de superbes levers et couchers de soleil que je contemple inlassablement, des dauphins qui viennent jouer régulièrement… Et nous voila à 60 milles de l’arrivée. Dernier coucher de soleil , j’ai presque atteint mon objectif, j’ai presque finalisé mon projet… J’en pleure de bonheur.
L’arrivée est juste magnifique, beaucoup de personnes sont là, je ne m’y attendais pas, je suis heureux de les retrouver. J’ai vécu une aventure extraordinaire.

J+8
Cela fait huit jours que je suis arrivé, je me suis reposé, le bateau est tout propre et attend son taxi retour. C’était notre dernière navigation ensemble.. Alors maintenant, direction la Métropole, pour recommencer… J’ai hâte, hâte d’y retourner.

Je tenais à remercier tous mes partenaires qui ont permis à Tasty Granny d’aller au bout, ma famille, mes amis, de m’avoir supporté et aidé durant ces deux dernières années. Mon fils, pour avoir compris mon éloignement. Et Aurélia, qui m’a accompagné depuis que j’ai le projet en tête et qui a exécuté un travail exceptionnel.

Pour finir, un immense merci à Didier Crabos de Cofruidoc, qui a cru en moi dès le début et qui m’a permis de rencontrer tous mes autres partenaires.

Merci à vous tous. On y retourne ???

 


 

Mini Transat : Jonathan, 12ème Proto de la 2ème étape !

 
 Jonathan a franchi la ligne d’arrivée de la seconde étape de la Mini Transat La Boulangère, samedi 18 novembre à 6 heures, 26 minutes, 15 secondes – heure française. Il aura mis 16 jours, 16 heures, 18 minutes et 15 secondes pour rallier le Marin, à une vitesse moyenne de 7,34 noeuds sur les 2 939,8 milles théoriques de sa première traversée de l’Atlantique en course et en solitaire.

 

C’est une longue litanie de petits et gros pépins qu’égrène Jonathan à son retour sur terre au terme d’une traversée, qui ne lui a laissé aucun répit à la barre d’un des plus anciens protos de la flotte,de 16 ans d’âge. Pas de quoi emmailler pour autant l’enthousiasme de ce préparateur, qui a notamment travaillé pour Kito de Pavant lors du dernier Vendée Globe.

Jonathan savait ce qui l’attendait et s’est embarqué dans cette aventure en connaissance de cause. Ses savoir-faire techniques ont été de précieux atouts pour tracer vaille que vaille sa route et faire contre mauvaises fortunes grand cœur.

« C’était énorme, il s’est passé des milliard de choses : des baleines, des filets, des dépressions orageuses, des grains, des gros surfs, du soleil intense… Beaucoup de plaisir, beaucoup de dur, beaucoup de tout, un truc de dingue ! En termes sportifs, je suis moyennement satisfait, mais je ne pouvais pas aller plus vite. J’ai cassé pas mal de trucs et il a bien fallu lever le pied. Ma ferrure de safran s’est arrachée à 1200 milles de l’arrivée et j’ai aussi perdu l’ogive de quille, cela faisait des geysers partout dans le bateau. À tout ça est venu s’ajouter des problèmes de batteries du fait que la barre était très dure et tirait sur le pilote… Mais ça l’a fait ; et au final c’est très, très cool ! »

Video de l’arrivée de Jonathan en direct du MARIN (Martinique)

Source : Mini Transat La Boulangère
Photo : © Christophe Breschi

Bientôt la grande traversée ! 

Plus que cinq jours avant que Jonathan et Hinano / Tasty Granny reprennent la mer. Et cette fois, pour environ deux semaines non stop, entre les Îles Canaries et la Martinique. De retour au port de Las Palmas depuis hier, après quelques jours de repos, Jonathan fait le point.

« Après une dizaine de jours de balades sur l’île de Gran Canaria, de sports nautiques et un peu de farniente, me voilà de retour à la bricole à bord de mon petit bateau. Pas simple de travailler sous cette chaleur, il fait chaque jour de plus en plus chaud ! Mais Hinano / Tasty Granny est prêt à partir de nouveau, tout comme le skipper… Ne me manque plus qu’à terminer mes courses de frais et ce sera tout bon. La longue attente commence ! Ces derniers jours avant de se lancer dans le grand bain, je vais commencer à regarder la météo et à préparer ma navigation. J’ai plus que hâte ! »  

Départ de la deuxième étape de la Mini Transat La Boulangère mercredi 1er novembre à 13 heures (14h00, heure française), direction le Marin.


Mini Transat : Jo raconte sa première étape

Jonathan a brillamment terminé sa première étape de la Mini Transat en onzième position du classement Prototype, sur 25 au départ. Une belle performance après 10 jours, 10 heures, 39 minutes et 10 secondes de course à bord de son Mini d’ancienne génération. De retour à terre à Las Palmas, sur l’île de Gran Canaria (îles Canaries), il raconte et fait le bilan de cette première partie de course, avant de s’élancer, le 1er novembre, pour LA grande traversée, direction la Martinique.

« Le départ a juste été un moment incroyable. Avoir le soutien de toutes ces personnes, mes partenaires, ma famille, Kito, mes amis, mon fils qui comprend enfin que, cette fois-ci, ça va être une autre course, plus longue… J’ai vécu un moment plus que génial, j’étais remonté à bloc, même si je savais que la sortie du golfe de Gascogne n’allait pas être si simple en termes de météo et qu’on allait ramasser au cap Finisterre.

Les deux premiers jours, tout se passe bien, j’ai un peu de mal à me mettre dedans, sûrement à cause de la petite appréhension d’avant départ, dur fait d’être à l’aboutissement de ces deux années d’engagement… Alors j’essaye de me reposer, mais je n’y arrive pas. Ça m’énerve un peu car avec Kito, on avait vu qu’il allait falloir être en forme pour le passage du cap. Donc j’y arrive rincé… Je m’en veux un peu mais je tiens le coup. Puis le vent monte de plus en plus fort, la mer est dure mais finalement, je m attendais à pire en fait donc je suis serein. Une fois le DST (Dispositif de séparation du trafic, par où passent les rails des cargos, ndlr) passé, je suis vraiment exténué et je mollis. Je mets mes voiles en ciseaux, je fais une sieste de trois heure… Et je me réveille en hurlant contre moi-même. Le vent n’était pas si fort, 33 noeuds maximum et je suis déçu de moi car c’était le moment où je devais être en pleine forme. Tans pis, j’ai fait une erreur, je me dis que ce sera la seule.

Le jour se lève, je n’ai plus de contact avec personne, ni par VHF (bande des très hautes fréquences, grâce à laquelle la communication par radio à courte portée est possible, ndlr), ni à l’AIS (système de détection des navires par antenne BFH, ndlr)… Je me dis que me suis fait défoncé par les autres qui ont dû accélérer durant ce passage. Alors vers 3 heure du matin, je renvoie de la toile et là, je me sens vraiment bien, comme si ça y était, j’étais chez moi, dans mon élément. Tous les doutes s’envolent, les appréhensions ont disparu : je suis dans la course. Je tartine durant 24 heures avant que le vent ne faiblisse. Je remonte au classement, je ne le sais pas mais je le sens. Les autres vont plus vite, je le sais, mais je sais que maintenant on joue sur mon terrain ! J’ai les idées claires et je fais les bons choix, je décide de mes options en trois minutes à chaque météo et je les assume.

Je trouve mon rythme, mais malheureusement, je tombe dans un trou de vent au large de Lisbonne. Ce n’était pas prévu, je perds encore 8 heures… Mais je le vis bien, de toute façon, je ,e sais pas si les autres sont dedans aussi. Le lendemain, on n’était finalement que trois bateau à s’être retrouvé arrêtés. Dommage. La météo tombe, elle s’annonce compliquée pour la fin de parcours. 2 minutes après, j’empanne et mon option est validée : elle sera payante. Je rattrape les autres qui bloquent et doivent faire plus de route. La suite s’enchaîne dans du vent très faible avec au total, plus de 32 heures arrêté, mais du bon côté ! Il fait beau et chaud, les nuits sont douces et le ciel magnifique. Des nuits encore plus jolies que dans le conte des Mille et une nuits. Des levers et couchers de soleil spectaculaires. Je m’impose un rythme différent, j’essaye de me reposer dès que je sens qu’il n y a plus rien à faire pour aller plus vite. Du coup, dès qu’il y a des coups à jouer, je suis dessus.

Les cent derniers milles, ma onzième place est compromise et je sais que je ne pourrai pas rattraper les 6, 7, 8, 9 et 10ème, qui sont pourtant juste devant, mais plus rapides sur des bords stables comme celui-là. Je sais aussi que Camille Taque est juste derrière et plus rapide aussi. Alors je barre six heure sans bouger en la voyant se rapprocher… Mais ça ne suffira pas pour elle, je sauve ma onzième place, très proche de ceux de devant. Ce qui fait que je suis finalement très satisfait de moi. C’est un peu facile à dire, mais mon bateau a clairement un déficit de vitesse par rapport aux autres et je ne peux rien faire contre ça. Et chaque erreur, chaque seconde de réflexion me fais perdre du terrain que je ne peux plus remonter. Psychologiquement, c’est souvent dur à accepter, mais je reste satisfait de réussir cela avec le deuxième plus vieux bateau de la flotte. Et aussi de ne finir seulement qu’à quelques heures du premier, après plus de 1 300 milles. Je suis juste un peu déçu de mon passage du cap Finisterre, où j’aurais pu mieux faire. Mais nous avons tous nos moments de faiblesse !

Maintenant, c’est repos. Le bateau est impeccable, je n’ai même pas cassé un élastique. Juste mes lunettes de soleil… Donc ma deuxième étape est déjà prête ! J’essayerai de sauver les meubles en misant sur les erreurs des autres et en essayant de pas en faire. Le but est de terminer cette Mini Transat, ce sera déjà une très grande victoire. »

Départ de la deuxième étape entre Las Palmas et Le Marin le 1er novembre prochain.


Jonathan 11ème de la première étape de la Mini Transat !

 

Jonathan et Hinano / Tasty Granny ont franchi cette nuit la ligne d’arrivée de la première étape de la Mini Transat La Boulangère en 11èpme position du classement Proto, à 2 heures 39min et 10 secondes (heure française), après 10 jours, 10 heures, 39 minutes et 10 secondes de course.
C’est une première étape qui aura été longue, difficile et douloureuse. Mais ce qui domine avant tout, après 1 350 milles entre La Rochelle et Las Palmas, c’est le bonheur d’être arrivé sans trop d’encombre. Et, surtout, à moins d’une heure du Top 10, objectif initial de Jonathan. C’est ce qui s’appelle une belle performance à bord d’un bateau d’ancienne génération, avec 14 bateaux derrière, et pas des moins récents !
« Sacrée étape ! Après le DST du cap Finisterre, je me suis retrouvé bloqué dans la molle pendant huit heures, avec Quentin (Vlamynck) et Charlotte (Méry). Le lac… Ça a été un moment un peu stressant. J’ai espéré qu’à l’Est et à l’Ouest, les autres aient été scotchés aussi mais à l’annonce du classement, le lendemain, il a malheureusement été confirmé que nous n’avions été que trois à être resté tanqués. Après, il y a eu cette fameuse météo où il a fallu décider entre une option Est et une option Ouest en fonction des dépressions qui passaient. De mon côté, j’ai décidé de partir dans l’Est, ce qui a plutôt pas trop mal marché. Au bout du compte, je termine 11ème. Je suis plutôt content. Ce n’est pas le Top 10, mais presque. Pour le reste, rien de spécial. Je n’ai même pas vu un poisson. Avec toute cette molle, j’ai beaucoup dormi et parfois regretté de ne pas avoir pris de bouquin… Je retiendrai malgré tout de supers levers de lune et de soleil. »

Mini Transat : Direction Las Palmas !

Ce dimanche à 16h pétantes, sous un ciel gris et un crachin persistant, dans une houle important et sans oublier une brume épaisse apparue seulement quelques minutes plus tôt, Jonathan et ses 80 compères de la Mini Transat La Boulangère ont pris le départ de la première étape de leur Transatlantique en solitaire, entre La Rochelle et Las Palmas de Gran Canaria (Îles Canaries).

Top départ de la Mini Transat La Boulangère

L’émotion était palpable en ce début de journée sur les pontons du Village de la Mini Transat à La Rochelle. Mais pas autant que l’excitation et l’impatience de Jonathan Chodkiewiez de partir enfin à l’assaut de l’Atlantique.

À 13h30, c’était le tour de son Mini n°335 Hinano / Tasty Granny de quitter sa place de ces dix derniers jours, direction la ligne de départ dans un vent de ouest sud-ouest de 10 à 15 nœuds.

Et deux heures et demi plus tard, les Ministes étaient lancés, transperçant un mur de brouillard, prêts à en découdre. Car les premiers des 1 350 milles qui les attendent ne s’annoncent pas des plus simples : du près, d’abord, dans une mer agitée de sud-ouest avant de se retrouver au portant dans des condition musclées en approche du cap Finisterre. L’occasion de compter les points avant d’entamer la descente du Portugal.

La première étape vue par le directeur de course, Denis Hugues La Rochelle – Las Palmas de Gran Canaria (1 350 milles)

Le golfe de Gascogne : « c’est le premier gros morceau, deux à trois jours de mer avant d’arriver au cap Finisterre. Aux allures portantes, c’est une mise en train idéale. Mais pour peu que les régimes dépressionnaires soient au rendez-vous, les conditions peuvent vite devenir scabreuses, d’autant qu’il est inutile d’espérer trouver l’abri de la côte nord de l’Espagne où la mer peut devenir très dure. Une fois que l’on a doublé le cap Finisterre, on peut considérer qu’on en a terminé avec le contournement de la pointe ouest de l’Espagne. C’est une zone souvent délicate à négocier, d’autant que les concurrents doivent éviter l’imposant dispositif de séparation de trafic qui régule la circulation des cargos au large de la Galice. Passer à l’intérieur ou à l’extérieur, conditionne pas mal de choix pour l’avenir. »

Les alizés portugais : « la descente le long du Portugal se fait le plus souvent aux allures portantes sur la face est de l’anticyclone des Açores. Là encore, le vent peut être soutenu, si le gradient de pression est élevé. Mais il arrive parfois qu’une petite dépression positionnée très au sud trouble le jeu. De Lisbonne aux Canaries : à l’ouvert du détroit de Gibraltar, on entre dans une zone de transition qu’il faut bien négocier. Si les alizés semblent établis, il est souvent payant de se rapprocher des côtes marocaines. Mais quand un front froid perturbe les alizés, le salut peut venir de l’ouest. Rien n’est joué avant l’arrivée, d’autant que les reliefs des îles perturbent fortement les vents. »


Jonathan CHODKIEWIEZ / Proto 335 © Christophe Breschi / Mini Transat
La Boulangère

Mini Transat : Veille de départ

Voilà Jonathan à moins d’un jour de son grand saut à travers l’Atlantique. Demain, dimanche 1er octobre à 16h, les 81 skippers participant à la 21ème édition de la plus initiatiques des courses en solitaire prendront en effet le départ de l’aventure d’une vie pour certains, de la première d’une longue série pour d’autres. Car pour Jonathan, cette Mini Transat n’est que le début d’une – il l’espère – longue carrière de coureur au large. Mais avant de penser à l’avenir, le skipper du Mini n°335 Hinano / Tasty Granny pense à demain.
« Je me sens bien, un peu fatigué de toutes les activités non nautiques de ces derniers jours, mais je suis serein. J’ai hâte de partir. » L’attente a été longue depuis le Village de départ de La Rochelle pour un Jonathan impatient d’en découdre face à ses 80 concurrents (24 en prototype, catégorie dans laquelle Hinano / Tasty Granny concourt).

Entre contrôles divers et variés de l’organisation de course, briefings et visite dans la classe de son fils sur l’île de Ré, Jonathan a profité de ses rares moments de temps libre pour en terminer avec ses ultimes préparatifs : les dernières vérifications ont été effectuées, les petits matelotages restant finalisés et l’avitaillement complété. Place désormais au repos et à la suite de l’étude de la météo ; Jonathan est prêt à partir.
Soirée partenaires et derniers instants en famille
« Le départ pourrait être donné ce soir, je suis tout bon ! » plaisante-t-il même. Mais pas d’empressement, les derniers moments à terre seront les plus importants : « Nous avons le dernier briefing aujourd’hui, l’occasion de faire un dernier point avec la Direction de course, puis j’organise un pot de l’amitié avec mes partenaires avant de dîner avec ma famille. Après une bonne nuit de sommeil, il sera temps de faire un dernier point météo et routage avec Kito (de Pavant) qui est là pour me soutenir, de mettre le bateau en configuration de course pour 11h30, quitter le ponton à partir de 13h… Et prendre le large à 16h. » Si la fête promet d’être belle demain, en rade de La Rochelle, tant sont nombreux les spectateurs et anciens « Ministes » venus spécialement pour l’occasion malgré un ciel qui s’annonce chargé, aucune certitude en revanche niveau météo : « Le départ devrait se faire dans un vent de secteur Ouest d’une dizaine de noeuds qui devrait forcir jusqu’à 15 noeuds les heures suivantes. Après, les fichiers divergent, on ne sait pas encore si on aura droit à un passage de front avec un vent de Nord-Est, ou à une cellule dépressionnaire sans aucun vent, avec quand même le retour du Nord-Est derrière. A priori, ce Nord-Est devrait être établi à partir de mercredi, ce qui nous réserverait un passage du cap Finisterre assez fort, avant de toucher des alizés portugais assez costauds, avec des rafales jusqu’à 40 noeuds, dans le haut du secteur. Dans tous les cas, les routages nous font aller assez vite, ce genre de conditions – pas trop de vent au près puis du portant VMG – sont celles où je m’en sors le mieux, celles qu’Hinano / Tasty Granny accepte le mieux. » Une première étape entre La Rochelle et Las Palmas de Gran Canaria (Îles Canaries) qui devrait donc tenir toutes ses promesses en tant que première sélection sur les 81 coureurs : « Le but premier est d’arriver aux Canaries en entier. Ma plus grosse appréhension concerne l’énergie à bord, une telle panne est ce que je redoute le plus. Mais le gros temps ne me fait pas peur. Et si je peux me glisser parmi les 10 premiers, ce sera tout bon. » Rendez-vous demain, 16h.


 Dans les startings blocks pour la Mini Transat !

 

Il reste désormais moins d’une semaine à Jonathan Chodkiewiez pour finaliser sa préparation et honorer ses dernières obligations avant de prendre le départ de la Mini Transat La boulangère. Moins d’une semaine avant de voir se concrétiser un projet qu’il mène depuis plus d’un an et demi. Moins d’une semaine avant qu’Hinano / Tasty Granny n’entame sa première transatlantique en course. 

Le compte à rebours est lancé ! Dimanche prochain à 13h35, les 81 concurrents de la Mini Transat La Boulangère s’élanceront de La Rochelle, direction Las Palmas aux Canaries, seule étape avant leur grande traversée de l’Atlantique, en solitaire, jusqu’au Marin en Martinique. Parmi eux, Jonathan Chodkiewiez, qui ne cache plus son impatience de prendre le large : « Là, j’ai vraiment envie de partir ! Ça partirait demain, je serais content, quitte à terminer de bricoler en mer ! » Mais avant cela, village officiel de départ oblige, le skipper du Mini n°335 Hinano / Tasty Granny doit encore se soumettre à quelques obligations. Vendredi, c’était donc inauguration dudit village et série de briefings, samedi avait lieu la présentation officielle des skippers, tandis que dimanche se courrait le traditionnel prologue, régate d’exhibition durant laquelle chaque skipper embarque invités et jeunes licenciés de voile rochelais. « Il y avait trop peu de vent de direction instable, on n’a finalement pas pu lancer de réel départ et nous avons dû nous contenter d’une simple parade, a expliqué Jonathan. Le seul souci, c’est qu’avec les marées et les horaires d’ouverture de l’écluse du port, nous avons passé la journée entière sur l’eau, la plupart du temps à attendre. Mais ça m’a tout de même permis de vérifier certains points, c’était notre dernière sortie sur l’eau avant le départ. » Après un week-end chargé, le skipper cavalairois a donc mis sa soirée de dimanche à profit pour se reposer et préparer sa dernière semaine à terre. Au programme : rendez-vous chez le dentiste, préparation des affaires à envoyer aux Canaries, à Cavalaire et en Martinique, finaliser les diverses vérification à bord du bateau… « C’est la course ça y est, mais je reste cool ! » 

Contrôles sécu et analyse de la météo avec Kito de Pavant

Restent également les derniers contrôles exigés par la Classe Mini dont le fameux « contrôle sécu », visant à s’assurer que tout le matériel de sécurité imposé est bien embarqué : « On sait comment ça se passe, c’est comme un contrôle technique : on a toujours droit à une contre-visite pour un petit quelque chose qui manque ou qui ne va pas comme il faut. Il faut l’avoir en tête quand on approche des derniers jours avant un départ ». Mais Jonathan reste serein, sa préparation avance comme il l’entendait. « Il ne me reste plus que quelques bricoles que je m’étais gardé histoire de ne pas m’ennuyer et puis je n’aurai plus qu’à charger le bateau et continuer d’étudier la météo. » Épaulé par Kito de Pavant, skipper de l’IMOCA 60 Bastide Otio que Jonathan avait préparé pour le dernier Vendée Globe, qui fera office de routeur avant les départs de chaque étape, le skipper d’Hinano / Tasty Granny peut donc se consacrer pleinement à sa mise en configuration ‘course’. « Je sais que je ne serai jamais pleinement satisfait de ma préparation, concède-t-il cependant. C’est un peu frustrant d’avoir un ancien bateau, car je suis quelqu’un de très minutieux et je suis forcé de faire avec les moyens du bord. Mais je suis tellement heureux d’être ici, je me sens tellement chanceux que c’est tout ce qui importe. Hâte d’être à dimanche ! » 

 

 


MINI TRANSAT J-20

À désormais moins de trois semaines du départ de la transatlantique de Jonathan à bord d’Hinano / Tasty Granny, le compte à rebours est lancé : dimanche 1er octobre à 14h, le skipper cavalairois et ses 83 concurrents s’élanceront de La Rochelle, direction Las Palmas aux Canaries, seule étape de leur aller simple jusqu’au Marin (Martinique), en solitaire, sur des voiliers de 6,50 mètres. Tic, tac, tic, tac !

« Ça va très bien, je suis zen. » À 20 jours du début de l’aventure qu’il prépare depuis plus d’un an, Jonathan Chodkiewiez fait preuve d’une sérénité sans faille. C’est qu’après une saison complète de courses en Bretagne, le skipper du Mini n°335 Hinano / Tasty Granny a pu profiter pleinement de son été pour peaufiner les derniers préparatifs de sa monture : « Après mes grosse réparations au retour de la Transgascogne, je n’avais plus que quelques petites bidouilles à régler, quelques vérifications avant de remettre le bateau à l’eau. J’ai même repeint l’intérieur, c’est dire s’il est prêt ! » Épaulé par Youenne Madec, propriétaire d’Hinano et professionnel du composite, ainsi que par Marine Lumineau, Jonathan peut ainsi mettre ses heures de chantier derrière lui et entamer sa dernière phase de préparation à sa grande traversée. Achat du matériel de rechange, de la pharmacie obligatoire, de la nourriture et – surtout – analyse de la météo seront donc au programme des derniers jours d’avant départ. 

Direction La Rochelle

« Je compte partir en convoyage vers La Rochelle jeudi après-midi. Après une grosse vingtaine d’heures de navigation, je tâcherai de rentrer dans ma bulle, de me concentrer, bien manger, me reposer… Et évidemment travailler la météo car si tout va bien, techniquement, je n’ai plus rien à faire sur le bateau. » Pour celui qui pense déjà à l’avenir, « mais pas trop, chaque chose en son temps », l’objectif de l’avant-saison est donc atteint puisqu’arriver sur un Village de départ de course, fin prêt, reste, finalement, « le but du jeu ». Vivement le 1er octobre !