Transgascogne 2

TRANSGASCOGNE : un bilan malgré tout positif

 

 

Quatrième de la première étape à moins de 40 secondes du podium, sixième de l’étape retour et finalement sixième au classement général des Proto Solo de la Transgascogne 6.50, Jonathan Chodkiewiez tire malgré tout une certaine satisfaction de sa dernière course avant la Mini Transat.

Étape I : Les Sables d’Olonne- Alès (Espagne) / 4ème Proto Solo

« J’ai fait un super départ, j’étais avec Ian Lipinski (Proto n°885, vainqueur) et on se décale un peu à l’Est, puis il a fallu envoyer le gennak et j’étais toujours bien placé, avec les premiers bateaux dès la première nuit. J’étais le plus à l’Est donc je n’avais pas le même vent que les autres, mais je tenais. Cette première étape était un peu une course de tout droit, avec seulement un petit contournement de dorsale où il ne fallait pas se louper. Je suis resté en bordure, pas loin de la correctionnelle, mais s’est passé. J’ai ensuite fait une super descente et à 10 milles de l’arrivée, Kéni Piperol (Proto n°788, 3ème) revient derrière moi. Je savais que j’étais troisième à ce moment-là, donc je m’énerve un peu et arrivé devant Cabo Penas, je tombe dans une grosse mole. On s’arrête tous les deux pendant environ deux heures mais j’arrive finalement à attraper un peu de vent pour faire le grand tour. Et je m’arrête au milieu de la baie. Alors que les autres sont au cap, je suis tout seul, arrêté. Kéni, lui, est plus proche de la côte et prend une petite accélération qui le fait décoller avant moi avant de s’arrêter de nouveau devant la ligne. Je le rejoins mais je termine quand même 34 secondes derrière lui. J’ai un peu les boules de pas être sur le podium, c’est lui qui a droit à la photo et aux cadeaux ! (Rires) Je suis un peu dégoûté mais j’ai pu me reposer à Avilès, où l’accueil a été phénoménal, et me ressourcer en faisant quelques balades à vélo. »

Étape II : Avilès (Espagne) – Les Sables d’Olonne / 6ème Proto Solo

« Au départ de la seconde étape, je me dis qu’il faut que je me fasse Kéni ! Il y a 13 noeuds de vent au près d’annoncés, c’est tout bon pour moi et Hinano / Tasty Granny. Je sais qu’il faut que je parte devant pour pouvoir ensuite rester devant. Et c’est ce que je fais. Je prends le départ en première position, on est côte à côte avec Ian. Puis on se prend un nuage et un gros grain, je n’arrive pas à me décaler et me fais donc dépasser. Plus on avance, plus le vent monte : on se retrouve dans 18 noeuds avec de la houle. Ça ne fais pas mon affaire car j’ai de petites dérives qui ne me permettent pas d’accrocher, je dérape. J’ai aucun des soucis de prise de ris, je fais même un virement de bord involontaire et perds encore du terrain sur une course où il ne faut pas perdre 5 mètres, où la moindre erreur se paye sans pouvoir recoller à ceux de devant… J’arrive quand même à me rattraper dans la nuit avec deux bords qui passent bien. Je sais que je ne suis pas loin derrière, mais c’est hyper compliqué car on est sur une configuration où les bateaux ont exactement la même vitesse, avec très peu d’écarts. C’est dur psychologiquement car il m’est impossible de les rattraper, sauf erreur de leur part. Je prends la même option Est que Ian mais j’ai un décalage de 5 milles dans le Sud et pas le même vent que ceux de devant. Je fais toute la course sans personne à côté de moi. Je n’ai aucune info sur leur position, leur vitesse, je ne sais rien de la course. C’est un peu stressant d’être à 80 milles de la route sans savoir si ça va payer. Et la dernière nuit, au moment où je décide de me recaler pour faire du Nord – une décision difficile car le vent n’a pas encore tourné – je casse mon palan de quille dans une vague. La course s’arrête et j’ai un peu l’impression que je vais mourir : j’ai ma quille qui se balance d’avant en arrière. Je mets une heure à bloquer ma quille dans 2 mètres de houle, je suis trempé, fatigué, je me retrouve en quille fixe, à avancer à 4 noeuds quand je devrais être à 6… Je suis en mode convoyage, je fais du près en route directe et j’essaye de rentrer tout droit sans prendre d’option. Chaque minute, je perds un mille : j’étais à 10 milles de Ian au moment d mon avarie et il termine 40 milles devant. J’affronte finalement de gros orages à 10 milles de l’arrivée, je reste bloqué dans un trou sans vent et sans mon outrigger (cassé lors du prologue avant le départ) je ne peux plus mettre de spi. Donc au lieu d’arriver à 23h30, j’arrive à 1h30, grâce au courant qui me pousse vers la ligne. Mais les deux dernières heures étaient magiques, avec les éclairs et les nuages, c’était super beau. Mais on n’avançait pas ! (Rires) Je termine finalement 6ème de l’étape et du général.

Je suis forcément déçu de ma course, mais le bateau ne marche pas bien dans ces conditions, je le sais. Donc je n’étais pas trop dans le match, un peu démoralisé, moins actif sur le bateau : j’avais beau me battre, ça ne marchait pas. Le côté positif en revanche, c’est que j’arrive quand même à tenir les meilleurs bateaux. C’est encourageant, d’autant que quand j’ai un souci, j’arrive à le régler sans stress, sans panique : je me sens bien sur mon bateau. Je suis donc quand même content de moi, de mon ressenti et de mon comportement en solitaire. »

D’ici la Mini Transat

« J’ai pas mal de boulot sur le bateau pour préparer la Transat. Je change tout, je refais tout, je bricole tout. Le but sera de ne pas casser, pour terminer devant ceux qui abandonnent. Sur un début de transtlantique, tu peux facilement avoir un abandon par jour. Je veux donc fiabiliser le bateau au maximum. J’aurai donc dix jours de chantier avant de prendre une semaine de vacances avec mon fils, puis deux autres semaines de travaux à la Trinité-sur-Mer. Et puis il sera temps de faire direction sur La Rochelle ! »

La Cagnotte

« Grâce aux 47 participants, j’ai pu me faire faire un nouveau spi et faire réviser du pilote. Il m’aurait fallu environ 10 000 euros de plus pour être aux petits oignons mais là, encore 5 000 et je serai juste comme il faut. La chasse aux partenaires n’est donc pas terminée ! En attendant, un immense merci à tous ceux qui ont participé, je vais tâcher de vite envoyer les contreparties ! »

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