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Mini Fasnet : Jonathan qualifié pour la Mini Transat !

 

 

11ème Proto sur 26 au départ, 21ème sur 62 au classement général : le bilan est de nouveau ultra-positif pour Jonathan Chodkiewiez qui courrait ce week-end sa quatrième course de la saison à bord d’Hinano, qui étrennait le nom de course qu’il portera lors de la traversée de l’Atlantique en octobre prochain, Tasty Granny. Une course en double, entre Douarnenez et le phare du Fastnet en Irlande (600 milles), qui lui permettait de valider définitivement sa qualification à la Mini Transat. Entretien.

Jonathan, 11ème au classement des prototypes, c’est de nouveau une superbe performance pour ton bateau qui fête ses 16 ans cette année…

Oui, surtout qu’on a encore eu beaucoup de reaching, une allure où Tasty Granny présente clairement un déficit de vitesse par rapport aux bateaux plus récents. Mais on a navigué proprement, on n’a pas fait une seule erreur et on a su faire marcher le bateau au mieux de son potentiel. On a pris les bonnes options et au final, on finit très proches des autres Protos et des champions du monde de Pogo 3 (bateaux de série dernière génération, ndlr).

Pour cette course, tu as embarqué Jay Thompson, qui termine de construire son propre prototype pour la Mini Transat 2019. Comment a fonctionné votre duo ?

Avec Jay, c’était plus que top. C’est un super marin, on a eu une super entente à bord, une bonne coordination… Je n’ai jamais eu autant de plaisir à naviguer en double. Et humainement, on a vraiment rigolé tout le temps, même quand on se faisait laminer au reaching ! Vraiment, si je devais repartir demain en double, c’est avec lui que je repartirais.

Vous avez en effet semblé trouver tout de suite vos repères avec un départ canon en baie de Douarnenez…

On a fait un super bon départ oui, dans le groupe de tête jusqu’à la sortie de la baie où le vent est tombé et redistribué les cartes. Sur le grand bord de reaching jusqu’aux Scilly, ça a forcément été compliqué… On a souffert ! Arrivés aux Scylli, on a enduré une grosse molle avec en plus du courant, mais on a géré et rattrapé un peu de notre retard. La montée jusqu’en Irlande a été plus sportive, avec le vent qui est monté dans la nuit à plus de 25 noeuds. Le top ! En voilure réduite, on volait littéralement à 14 noeuds sans s’arrêter, avec des surfs à 16/17 noeuds ! On rattrape encore de notre retard, on double plein de bateaus, Jay me dit : « Feu blanc, feu rouge, feu blanc, feu rouge » à mesure qu’on les dépasse dans la nuit. Le matin, au lever de soleil, un baleineau nous a fait l’honneur de s’entraîner à sauter à côté de nous et ça, c’était magique… Et puis deux minutes après, c’était au tour d’un gros requin de passer le long de la coque. Il y a de la vie en Irlande !

C’était la première fois que tu contournait le phare du Fastnet ?

C’était la première fois oui ! Ce fameux gros caillou, superbe, comme dans les livres ! On y a pris un peu d’air, 30 à 35 noeuds pendant deux heures. On a tiré la barre pour une option Sud et 30 heures plus tard, on réalise que ça paye puisqu’on commence à recevoir les premiers Protos à la VHF ! C’est ultra motivant, pendant une journée perdu dans la brume en plus, ça remonte le moral à bloc.

Et là, retour sur Douarnenez…

Et nouvelle pétole vers Ouessant qui nous fait encore plus revenir sur ceux de devant. On les vois à l’AIS, ils sont à 6 milles. On se bat toute la nuit et on finit à vue avec les premiers dans la baie de Douarnenez. C’est juste génial, on termine 11ème avec un des plus vieux bateaux !

Quel bilan tires-tu de cette avant-dernière course avant la Mini Transat ?

On a vu quelques défaut à corriger et en termes de matériel, je suis content d’avoir un grand spi en cours de fabrication grâce à la cagnotte. Et je vais en faire retailler un autre. Autrement, on n’a rien cassé donc Hinano est au top et son skipper n’aura pas trop de travail de retour à la Trinité !

Quel est le programme maintenant ?

Je pars tout de suite en convoyage pour ramener le bateau à son port d’attache puis je dois amener mes voiles en peinture pour leur nouvelle décoration. Je dois envoyer mon pilote en révision, j’ai quelques bidouilles quand même, comme toujours, à faire et ensuite partir quelques jours dans le Sud en vacances avec mon fils. Autrement, je vais vite devoir me préparer pour la Transgascogne, fin juillet, et j’ai encore certaines obligations à effectuer en vue de la Mini Transat : visite médicale, administratif, gestion du projet…

Mais une étape primordiale est désormais cochée : tu es qualifié pour la Mini Transat…

Ça, c’est un énorme poids en moins. Entre les entraînements, les courses, les convoyages, ma qualification hors course, j’ai parcouru plus de 3 000 milles à bord de mon bateau. Ce qui me permet d’être en confiance totale avant les prochaines échéances. C’est juste génial.

 

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